Chauves-souris dans la maison : ce que vous pouvez faire, et ce que la loi interdit

how to get rid of bats

Des chauves-souris dans les combles, derrière un bardage ou dans un coffre de volet roulant — et la question de savoir comment s’en débarrasser. La réponse honnête, en France comme en Belgique et en Suisse, n’est pas celle que vous attendez : toutes les espèces de chauves-souris sont intégralement protégées, et les remèdes qui circulent en ligne sont non seulement inefficaces, mais illégaux.

Cet article explique ce que dit la loi, ce que vous pouvez réellement faire, qui appeler, et comment orienter durablement les animaux vers un meilleur endroit.

La loi en une phrase

L’article L411-1 du Code de l’environnement et l’arrêté du 23 avril 2007 interdisent de détruire, mutiler, capturer ou perturber intentionnellement les chauves-souris, ainsi que de dégrader ou détruire leurs sites de reproduction et leurs aires de repos. Toutes les espèces présentes en France sont concernées, sans exception. Les infractions sont passibles de sanctions pénales.

Concrètement : un gîte occupé ne peut pas être obstrué, enfumé, traité par pulvérisation ni chauffé. Boucher l’entrée alors que des animaux sont à l’intérieur constitue une destruction d’aire de repos — et les enferme.

Ce que vous ne devez pas faire

Plusieurs conseils circulent qui vous exposent juridiquement et tuent les animaux. N’en appliquez aucun :

  • Chauffer le gîte pour forcer les animaux à sortir. Cela les tue.
  • Pulvériser des répulsifs, du phénol, des huiles essentielles ou tout autre irritant dans le gîte.
  • Obstruer ou grillager les accès tant que des animaux peuvent être présents.
  • Déranger en continu par le bruit, la lumière, des appareils à ultrasons ou des miroirs.
  • Manipuler ou capturer un animal à mains nues.

Ce que vous pouvez et devriez faire

1. Identifier qui est là, et combien

Observez au crépuscule où les animaux sortent, et comptez-les approximativement. Une colonie de mise bas, avec des femelles et des jeunes, n’est pas le même cas que deux mâles dans un coffre de volet. Les indices : du guano sous la sortie — sec, friable, avec des débris d’insectes brillants — et des cris discrets à la tombée du jour.

2. Tenir compte de la période

Entre mai et août environ, les colonies de mise bas sont occupées et les jeunes ne volent pas encore. Pendant cette période, rien ne doit être modifié au gîte. Toute intervention attend que les jeunes soient volants et le gîte vide, donc la fin de l’été ou l’automne — et avant le début de l’hibernation.

3. Faire appel à un spécialiste, gratuitement

Contactez le réseau SOS Chauves-souris, animé par la Société française pour l’étude et la protection des mammifères, ou la délégation locale de la LPO. Des bénévoles formés se déplacent gratuitement dans la plupart des départements, identifient l’espèce et vous disent ce qui est permis. C’est la voie la plus rapide et la moins coûteuse — et elle vous met du bon côté de la loi.

4. Les travaux, hors saison uniquement

Si le gîte doit être abandonné définitivement, cela se fait avec un accompagnement technique : pose de dispositifs anti-retour à la sortie, qui laissent les animaux sortir sans pouvoir revenir, puis fermeture de l’ouverture. Ce type d’intervention peut relever d’une dérogation et doit être confié à des gens qui le font régulièrement.

5. Proposer un gîte de remplacement

Quand un gîte est fermé, un gîte de substitution à proximité est exigé, ou à tout le moins vivement recommandé — et c’est aussi votre intérêt. Les animaux restent dans le secteur, continuent de consommer des insectes, et ne sont plus dans vos combles. Un nichoir correctement placé sur un mur ou un poteau est fait exactement pour cela.

Pourquoi vous avez plutôt intérêt à les garder

Les chauves-souris ne sont pas des nuisibles. Elles consomment papillons de nuit, coléoptères, moucherons, moustiques et une longue liste de ravageurs du jardin et des cultures, en grand nombre et chaque nuit. Les rediriger des combles vers un nichoir en pignon règle le problème tout en gardant le bénéfice.

À propos du guano : il est sec, peu odorant et constitue un bon engrais. Une planche ou un bac sous la sortie le recueille et règle, dans bien des cas, la gêne réelle — sans rien modifier au gîte.

Et si une chauve-souris est entrée dans une pièce ?

Restez calme. Éteignez la lumière, ouvrez grand une fenêtre ou une porte vers l’extérieur, quittez la pièce et attendez une demi-heure : dans la plupart des cas, l’animal ressort seul. Ne le touchez pas à mains nues. S’il faut vraiment le déplacer, utilisez des gants épais et une boîte. Après une morsure ou une griffure, consultez immédiatement un médecin et signalez-le aux autorités sanitaires.

En résumé

Ne tentez pas de les chasser vous-même. Identifiez l’espèce et la période, appelez SOS Chauves-souris ou la LPO, réservez les travaux à l’après-mise-bas et avec accompagnement, et prévoyez un gîte de remplacement. C’est légal, cela fonctionne durablement, et cela coûte généralement moins cher que n’importe quelle tentative en solitaire.

Si vous voulez leur offrir tout de suite un meilleur endroit : parcourez nos nichoirs à chauves-souris, et lisez notre guide de pose.